D'une nouvelle que j'ai écrite il y a quelques temps maintenant.... Vivement que ça revienne !
"Demain soir, demain dans la nuit, la planète aura effectué son trajet annuel. On se retrouvera dans l'univers à peu près au même endroit que l'année dernière et que l'année prochaine. Sous cet angle que nous croyons nouveau, il nous semblera que le soleil brille d'une intensité particulière. Demain une onde d'embrassades et de bonnes paroles frissonnera à la surface de la terre, à la poursuite de la nuit qui progressera lentement pays par pays sur la sphère. Et s'éteindra dans le néant du surlendemain.
Je retiens mes pensées devant ce livre ouvert et vide, attirées malgré moi, par cet aimant puissant. Virevoltant dans cette cascade de photons lâchés par l'ampoule, les visages de mes s½urs, mes parents qui dans une danse chaotique glissent devant mes pupilles écarquillées. Volutes hypnotisantes qui s'évaporent puis se recondensent en d'autres visages amis. Et cette amertume qui me laisse le palais cartonneux.
Fermer les yeux est pire.
On est transporté dans cette lointaine rêverie qui nous happe. Puis vient l'instant où l'on redoute de les rouvrir. On se refuse à voir où l'on est, ce que l'on fait. La lumière transperçante de la lampe a, bientôt, raison de nos paupières ; le cauchemar ne fait que commencer."
"La nuit est partout, là ruisselante sur les trottoir, là émanant de chaque fenêtre, là se lovant dans chacun des replis de mes vêtements, là-bas. Peut-être fait-il froid, mais ma peau peut vouloir en être sûre ; mon souffle semble couvrir cette immobilité terrifiante. L'atmosphère pétrifiée vient à bout de la sauvagerie la plus élancée de ces rues.
Un no man's land bleu ou gris, peut-être sec et brillant, je rampe. Je ne me retournerai pas."