L'autre jour il y a quelques mois, j'étais au Louvre pour aller faire un pèlerinage, et ouais cours d'histoire de l'Art oblige. Et puis je commençais à être saturée, et puis je suis tombée sur ce tableau ...Je ne sais pas pourquoi, je suis restée une demi heure devant. Il était presque planqué à coté d'un gigantesque David ou-je-ne-sais-plus-quoi et il me parlait ce tableau. Pas de quoi fouetter un chat me direz vous, mais je suis bouche bée devant tant de subtilités et de modernité ( Decamps Alexandre Gabriel).
Regardez cette plaine désertique et insolemment calme ; ces volutes irisées qui planent comme à la génèse des temps. L'horizon aride mais plein de promesses : promesse d'oasis, promesse de voyage sans retour... Mais je m'approche du carré de toile et je réalise ce qui se passe : un massacre silencieux qui s'insinue dans chaque anfractuosité de cette terre meurtrie par le soleil, des milliers de corps qui s'embourbent insidieusement sans qu'on les ai remarqués. Soudain on éprouve de la honte : d'avoir été subjugué par la plénitude de ce tableau au premier abords, qui retient à sa surface toute l'atrocité d'un peuple qui ploie sous la rage et la haine.