Le soleil de cet après-midi fleure bon un certain mois de Mai 68.. Un prétexte fondamentalement simple pour mettre le feu aux poudres que serait la Libération du Tibet ? Cette flamme qui brûle impunément sous nos yeux blasés par un liberté individualiste qui nous courbe l'échine de prétention...
Quelques jours plongée dans l'oeuvre situationniste et ses textes... et on se sent à nouveau embrasé par l'espoir, par une volonté sauvage qui palpite sous la peau de dire merde à cette société de merde et de prendre en main l'univers le plus proche de nous pour le remodeler...
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« Debord l'explique dans Le déclin et la Chute de l'économie spectaculaire-marchande : les signes
avant-coureurs de cet urbanisme insurrectionnel sans chefs sont partout, dans des actes spontanés de négation radicale engendrés par le capitalisme même, y compris dans les endroits où son pouvoir paraît le plus absolu. Ainsi à Los Angeles, en 1965, les émeutes du quartier de Watts constituent un « potlatch de la destruction » qui, de par sa dimension ludique, constitue la plus fondamentale des remises en cause du règne de la marchandise. »
Les situationnistes eux, dans le courant du flâneur Baudelaire du Spleen de Paris, et des « Tableaux parisiens » des Fleurs du Mal, que Walter Benjamin élèvera au rang de paradigme métaphysique de la modernité dans ses célèbres Passages, savent, en héritiers rebelles des surréalistes, et en particulier de l'Aragon du Paysan de Paris et de Nadja d'André Breton, que la grande ville est le champ de bataille où se joue le sort de la liberté.
(...)
La grande ville −toute ville− n'est habitable que pour autant que ceux qui l'habitent acquièrent le comportement qui permet à chacun de sauvegarder sa singularité tout en nouant des rapports avec une pluralité autre. Ce savoir-vivre ensemble s'appelle urbanité. »
«Toutes les tentatives pour découpler architecture et puissance étatique économique, culturelle, et dissocier le duo architecte − prince (ou maître), apparaissent pour ce qu'elles sont, des mystifications, dont Debord se fait le dénonciateur implacable.
Cette intrusion vient du dehors. Les situationnistes ne sont pas − à une exception près, et encore vite exclue, la section hollandaise − des architectes ou des urbanistes. Qu'ils prétendent juger de ces matières est vécu comme une agression, ou, à tout le moins, comme un manque de savoir-vivre. dans le petit milieu −professeurs et étudiants des beaux arts, ordre des architectes, ingénieurs des ponts et chaussée et des travaux publics, bureaux d'études, et les quelques critiques qui s'intéressent à l'architecture, extrêmement rares, car la France a perdu toute culture architecturale depuis le triomphe des ingénieurs et le désintérêt manifesté par les philosophes et les intellectuels pour le bâti− cette attaque frontale produit un véritable séisme. Du moins dans la jeune génération des apprenti architectes, las de ne rien apprendre dans leurs écoles, si ce n'est de reproduire ad nauseum le Parthénon, le Colisée et les villas palladiennes etc. , de lécher les bottes de leurs patrons d'atelier pour espérer rentrer dans leurs agences et tirer des barres avant d'être à leur tour les maîtres d'œuvres, c'est-à-dire pour l'essentiel les producteurs en série d'HLM, avec comme seule consolation de la perte de tout souci artistique la satisfaction de gagner beaucoup d'argent. »
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On ne le redira jamais assez de lire et relire Savoir-vivre à l'usage des jeunes générations (raoul vaneigem) et surtout De la misere en milieu étudiant (texte qui fomentera mai 68 et qui après quarante longues années n'a malheureusement pris aucune ride)
J'espère que c'est le bordel à Paris. J'espère que ça fera boule de neige.
(photo prise sur les quais aménagés de la Guillotière)